Conférence de presse donnée
par le président de la République à Bruxelles le 19 juin 2009, à la fin de la réunion du Conseil Européen. Un journaliste de l’AFP se lève et commence à poser sa question. Nicolas Sarkozy ne le
localise d’abord pas dans la salle de conférences, et le journaliste doit s’interrompre pour préciser sa position par rapport au chef de l’Etat : « A votre droite, Monsieur le Président
». Le journaliste continue :
« Selon les infos qui ont été rapportées hier, à la suite d’une réunion entre les parties civiles, dans l’affaire de l’attentat de Karachi, et les juges d’instructions, il semblerait que l’origine de l’attentat ne soit pas dû à un acte terroriste mais plutôt à des représailles de l’État pakistanais après le non versement de commissions. On parle même de rétro-commissions qui auraient dû alimenter la campagne électorale d’Edouard Balladur en 95. Est-ce qu’en tant que ministre du budget vous avez été au courant de tels accords ? »
Verbatim de la réponse de Nicolas Sarkozy :
« Vraiment, c’était pas la peine de vous mettre à ma droite pour parler de ça, franchement (rires dans l’assistance). Enfin, écoutez, c’est ridicule. Franchement, non, franchement, c’est ridicule. Pas vous, hein, je me permettrais pas, je vous respecte. Mais enfin, écoutez, soit il y a des éléments, donnez-les nous. Franchement, c’est profonde… c’est grotesque ! Voilà ma réponse. Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ? Alors, raisonnement, là : « Pour son financement M. Balladur aurait accepté des commissions qui n’auraient pas été payées à la suite et ça donne Karachi… » Enfin… Respectons la douleur des victimes, s’il vous plaît. Qui peut croire à une fable pareille ? Qui peut croire à une fable pareille ? Et puis si vous avez des éléments, donnez-les à la justice et demandez à la justice qu’ils enquêtent. Enfin franchement, qu’est-ce que vous voulez que je réponde là -dessus ? Honnêtement, qu’est-ce que vous voulez que je réponde là -dessus ? Il y a quatorze ans, de surcroît ! Non… On est dans un monde où tout se sait, où la notion de secret d’État n’existe plus, et quatorze ans après, vous venez me dire : « Est-que vous êtes au courant de rétro-commissions qui auraient pas été versées à des Pakistanais dans le cadre de la campagne de M. Balladur » ?! Et vous, vous étiez pas au courant non plus, non ? Vous, vous étiez peut-être journaliste à cette époque là , peut-être à ce moment-là je vous aurais… Non, mais je vous en veux pas, mais écoutez, franchement… (soupires) Si y a un braquage à Bruxelles aujourd’hui, j’y étais (le président lève la main droite), c’est incontestable (rires nerveux du président) Non, pardon, je ris pas du tout, parce que Karachi, c’est la douleur de familles, comme ça, mais qu’est-ce que j’ai à répondre là -dessus ? »
Qu’est-ce que vous avez à répondre là -dessus, Monsieur le Président ? Mais rien de plus que la vérité, que les familles des victimes attendent.
[cc] Novopress.info, 2009, Dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine
[http://fr.novopress.info]
| Décembre 2009 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | |||||
| 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | ||||
| 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | ||||
| 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | ||||
| 28 | 29 | 30 | 31 | |||||||
|
||||||||||
Derniers Commentaires