| Edward S. Herman |
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Il est particulièrement instructif et même assez amusant d’observer à quel point la manière d’évoquer la destruction en vol d’un avion de ligne (civil) peut s’avérer politisée et comment, dans ce domaine comme dans bien d’autres, les médias, en relayant la propagande d’Etat, servent scrupuleusement l’agenda gouvernemental et la ligne du parti. Pour ce qui est de l’humour, on a les « petites phrases » des éditos du New York Times : A propos du vol 007 de Korean Airlines, abattu par les Soviétiques le 31 Août 1983, outré : « Aucune excuse n’est concevable pour justifier la destruction, par une nation quelle qu’elle soit, d’un avion de ligne sans défense ! ». Au nom de ces passagers « froidement exterminés », les éditeurs demandent « si le Kremlin saura assumer ses responsabilités pour que l’ordre international garde un minimum de décence ». (Editorial du 2 sept. 1983 : “De l’Assassinat dans l’Air”). A propos de l’avion de ligne libyen abattu par l’armée israélienne en février 1973, laconique : « A quoi bon un débat haineux pour décider à qui la faute d’avoir abattu un avion de ligne libyen, la semaine dernière, au-dessus du Sinaï ? » (Editorial du 1er mars 1973 : « Après le Sinaï ») A propos du vol Airbus 655 d’Iranian Airlines, abattu en juillet 1988 dans le Golfe Persique par le croiseur Vincennes de la Marine américaine, détaché : « Pour horrible qu’il soit, reste que c’était un accident. Au regard des faits, désormais clairement établis [la version officielle immédiatement produite], on voit mal ce que la Navy aurait bien pu faire pour l’éviter ». (Editorial du 5 juillet 1988 : « A la place du Capitaine Rogers ») En fait, en 1983 les Soviétiques ignoraient effectivement si le vol 007 [sans radio et sorti de sa route] était effectivement un appareil civil. L’administration Reagan en eut rapidement la certitude grâce aux enregistrements des communications radio du pilote, mais passa l’information sous silence. Il fallut près de cinq ans pour que les rédacteurs du Times finissent par reconnaître « Le Mensonge qu’on n’a pas descendu en flammes » (édito. du 18 juin 1988). Le New York Times l’avait d’ailleurs appris, non par ses propres investigations mais par l’usage que d’autres avaient su faire du « Freedom Information Act » [Loi sur la liberté d’information]. Ils s’étaient donc empressés d’accuser les Soviétiques sur la foi de mensonges qu’ils n’avaient ni su ni voulu dévoiler. S’agissant de l’appareil libyen détruit en vol par Israël, en revanche, on savait dès le début que les Israéliens avaient abattu un avion civil en parfaite connaissance de cause, mais là, la rédaction du Times ne voyait absolument pas le problème. On ne parlait plus de barbarie ni de passagers « froidement exterminés ». Un simple avion de ligne abattu de sang froid méritait à peine des excuses.(...) Lire la suite de l'article : http://www.michelcollon.info/index.php?view=article&catid=7&id=2079&option=com_content&Itemid=12 |
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