Samedi 6 juin 2009 6 06 /06 /2009 16:05
AVION D'AIR FRANCE

Airbus : le BEA n'exclut pas l'hypothèse d'une bombe

NOUVELOBS.COM | 06.06.2009 | 13:54

Le Bureau d'enquêtes et d'analyses annonce par ailleurs que l'A330 d'Air France a envoyé 24 messages d'anomalie en moins de 5 minutes avant de disparaître des écrans.

Un A330-200 (Reuters).

Un A330-200 (Reuters).

Paul-Louis Arslanian, directeur du Bureau enquêtes et analyses (BEA) a annoncé samedi 6 juin qu'il n'exclue pas "à 100%" l'hypothèse d'une bombe à bord du vol Air France 447 Rio-Paris, mais qu'elle n'est néanmoins pas très cohérente avec les éléments dont disposent les enquêteurs.
Le BEA a également annoncé que l'Airbus A330 d'Air France, disparu dans la nuit de dimanche à lundi alors qu'il reliait Rio à Paris, a envoyé 24 messages d'anomalie en moins de cinq minutes. Le BEA est chargé de l'enquête technique française chargée de faire la lumière sur la disparition de l'avion.
De son côté, le directeur général adjoint de Météo France, Alain Ratier, a indiqué samedi que "rien n'indique" que le vol AF 447 d'Air France ait rencontré sur son trajet "un amas orageux d'une intensité exceptionnelle" pour un mois de juin.

Pas de météo exceptionnelle


Météo France se fonde sur des relevés infrarouges de la zone où l'avion a mystérieusement disparu. La présence d'un "cumulo-nimbus puissant", dont "la décroissance était toutefois déjà amorcée" avant que l'avion ne se trouve à l'endroit supposé de son passage, a été relevée par Météo France. Toutefois, "on ne peut conclure au caractère exceptionnel" de la météo sur ce territoire, a jugé Alain Ratier, en expliquant que l'activité orageuse sur les côtes d'Afrique par exemple était alors bien plus importante. Tandis que les recherches se poursuivent,le mystère reste donc entier.

Le mauvais temps rend les recherches difficiles


Un porte-parole militaire brésilien a annoncé vendredi que la flottille internationale d'avions et de navires continue sa recherche de débris en plein Atlantique, mais n'a toujours rien trouvé, entretenant ainsi le mystère sur la disparition de l'appareil, qui a néanmoins bien eu des soucis techniques.
"Nous n'avons rien récupéré" a effectivement admis le général Ramon Cardoso, lors d'un point de presse à Recife, sur la côte nord-est du Brésil.
Il a néanmoins ajouté que les recherches allaient continuer "jusqu'à une date à laquelle il sera humainement impossible de trouver quelque chose".
Après cinq jours de recherches les forces aériennes et la Marine brésiliennes, n'ont toujours pas réussi à mettre la main sur des restes du vol AF 447. Le mauvais temps, qui a rendu difficiles les recherches aériennes menées dans une zone à quelque 1.000 km de la côte nord-est du Brésil, est en partie responsable.

Les objets repérés ne sont plus visibles


De nombreux objets repérés au cours des derniers jours sur une frange de cinq km, comme un fauteuil d'avion, des fils électriques et le revêtement intérieur de l'avion "ne sont plus visibles", toujours selon le général, notamment en raison des courants qui les ont dispersés.
"Les débris sont petits et la zone est grande. Ces débris qui flottaient ont pu couler", a-t-il expliqué.

Un sous-marin et un avion radar


Pour renforcer le dispositif, la France a annoncé l'envoi d'un sous-marin nucléaire d'attaque, l'Emeraude.
Grâce à ses sonars il tentera de localiser les boîtes noires, une priorité pour comprendre les raisons de la disparition toujours mystérieuse de l'appareil qui s'est abîmé entre Rio et Paris.
Ce samedi l'avion radar R-99, qui a repéré les premiers débris, partira de l'archipel de Fernando de Noronha à 03h00 locales (06h00 GMT) pour passer au peigne fin la zone et transmettre les données recueillies aux avions de la FAB qui décolleront vers 06h00 locales (09h00 GMT), a indiqué le général Ramon Cardoso.
Il a reconnu que la possibilité de retrouver des survivants était désormais "infime".
Des familles de victimes ont fait une visite de quelques heures à Recife, leu permettant d'avoir un aperçu des opérations.
Ce groupe d'une dizaine de Brésiliens s'est entretenu avec "un pilote qui a participé aux recherches visuelles des débris", selon le général.
Les incertitudes et les doutes ont été relancés après que le Brésil a admis jeudi soir que les débris récupérés quelques heures plus tôt ne provenaient pas de l'Airbus, comme l'armée l'avait annoncé.


Des problèmes de mesures de vitesse


Le ministre français de la Défense Hervé Morin a réitéré que la piste terroriste n'était pas exclue.
Mais l'hypothèse d'un problème technique majeur de l'Airbus A330 a été renforcée avec la divulgation de premiers éléments de l'enquête française. Elle a permis de détecter des problèmes dans la mesure des vitesses de l'avion.
Le constructeur Airbus a, de ce fait, envoyé une recommandation à tous ses clients sur les procédures à suivre en cas d'incohérence des vitesses mesurées.
L'A330 possédait différents calculateurs afin de mesurer la vitesse et "il s'avère qu'il y avait une incohérence entre ces vitesses", a expliqué une porte-parole du BEA (Bureau d'enquêtes et d'analyses), chargé de l'enquête technique française.
L'avion avait transmis une série de messages automatiques de maintenance, faisant notamment état de différentes pannes de systèmes. (Nouvelobs.com)
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/international/ameriques/20090606.OBS9493/airbus__le_bea_nexclut_pas_lhypothese_dune_bombe.html
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