Dimanche 9 novembre 2008
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Les conseillers de Obama discutent des préparatifs pour la guerre en Iran
À la veille des élections américaines, le New York Times a prudemment fait remarquer, lundi, l'émergence d'un consensus bipartite à Washington pour une nouvelle
stratégie agressive envers l'Iran. Alors que pratiquement rien n'a été dit au cours de la campagne électorale, en coulisse, les hauts conseillers des camps Obama et McCain ont discuté de
l'escalade rapide de la pression diplomatique et de sanctions punitives contre l'Iran, soutenus par des préparatifs pour des frappes militaires.
http://www.wsws.org/articles/2008/nov2008/iran-n06.shtml
Par Peter Symonds traduit par vicflame
Le 6 Novembre 2008
L'article, intitulé "New Beltway Debate: What to do about Iran", notait avec un certain degré d'alarme: « C’est d'une notion effrayante, mais ce n’est pas seulement l'administration Bush à la
gâchette facile qui discute - ne serait-ce que théoriquement - de la possibilité d'une action militaire pour arrêter le program d'armes nucléaires de l'Iran... Des personnes raisonnables des
deux parties sont en train d'examiner la prétendue option militaire, ainsi que de nouvelles initiatives diplomatiques ».
Derrière le dos des électeurs américains, les hauts conseillers du président élu, Barack Obama, ont préparé la scène pour une escalade dramatique de la confrontation avec l'Iran dès que la
nouvelle administration entrera en fonction. Un rapport publié en Septembre par le Bipartisan Policy Center (Centre politique bipartite), un think tank basé à Washington, a fait valoir qu’un
Iran qui est en capacité au niveau des armes nucléaires était "stratégiquement intenable" et détaillait une approche robuste, "en incorporant de nouveaux outils diplomatiques, économiques et
militaires d'une manière intégrée".
L'un des principaux membres du groupe de travail de ce Centre a été le haut conseiller d’Obama concernant le Moyen-Orient, Dennis Ross, qui est bien connu pour ses points de vue belliqueux.
Il a soutenu l'invasion américaine de l'Irak et est étroitement lié à des néo-conservateurs tels que Paul Wolfowitz. Ross a travaillé sous Wolfowitz dans les administrations de Carter et de
Reagan avant de devenir l’envoyé en chef concernant le Moyen-Orient sous les Présidents Bush père et Clinton. Après avoir quitté le Département d'État en 2000, il a rejoint le think tank de
droite pro-Israël - le Washington Institute for Near East Policy (Institut de Washington pour la politique du Proche-Orient) - et a signé un contrat en tant qu’analyste en matière de
politique étrangère pour Fox News.
Le rapport du Bipartisan Policy Center insiste sur le fait que le temps était court, déclarant: « Les progrès de Téhéran signifient que la prochaine administration pourrait avoir peu de temps
et moins d'options pour faire face à cette menace ». Il a rejeté sans autre forme de procès, à la fois les déclarations de Téhéran selon lesquelles leurs programme nucléaires étaient
destinées à des fins pacifiques, et le 2007 National Intelligence Estimate (Estimation des renseignements nationaux de 2007) rédigé par les agences de renseignement des États-Unis et qui
révélait que l'Iran avait mis fin à tout programme d'armes nucléaires en 2003.
Le rapport critiquait l’échec de l'administration Bush à arrêter les programmes nucléaires de l'Iran, mais sa stratégie est essentiellement la même - des incitations limitées soutenues par
des sanctions économiques plus sévères et par la menace de guerre. Son plan pour consolider l'appui international est également fondé sur l'action militaire préventive contre l'Iran. La
Russie, la Chine et les puissances européennes doivent toutes être averties que leur échec à adhérer à des sanctions sévères, y compris un blocus provocateur sur les exportations de pétrole
iranien, ne feront qu'accroître la probabilité de la guerre.
Pour souligner ces avertissements, le rapport proposait que les États-Unis auraient besoin de renforcer immédiatement leur présence militaire dans le golfe Persique. "Ceci devrait commencer
le premier jour où le nouveau président entre en fonction, d'autant que la République islamique et ses acolytes pourraient chercher à tester la nouvelle administration. Cela impliquerait un
pré-positionnement des États-Unis et des forces alliées, le déploiement groupes de combat supplémentaires de porte-avions et de dragueurs de mines, [et] l’emplacement d'autres matériels de
guerre dans la région", a-t-il déclaré.
Dans un langage qui effectue un étroit parallèle avec l'insistance de Bush selon laquelle « toutes les options restent sur la table », ce rapport déclarait: "Nous croyons qu'une attaque
militaire est une option réalisable et doit rester un dernier recours pour retarder le programme nucléaire de l'Iran". Une telle frappe militaire "aurait pour objectif non seulement
l’infrastructure nucléaire de l'Iran, mais aussi son infrastructure militaire conventionnelle afin de supprimer une réponse iranienne".
De manière significative, ce rapport a été rédigé par Michael Rubin, de l’American Enterprise Institute, un institut néo-conservateur, qui a été fortement impliqué dans la promotion de
l'invasion de l'Iraq en 2003. Un certain nombre de hauts conseillers démocrates d'Obama "a approuvé à l'unanimité" ce document, y compris Dennis Ross, l'ancien sénateur Charles Robb, qui a
co-présidé le groupe de travail, et Ashton Carter, qui a servi en tant que secrétaire adjoint à la défense sous Clinton.
Carter et Ross ont également participé à la rédaction d'un rapport pour le bipartisan Center for a New American Security (Centre bipartite pour une nouvelle sécurité de l'Amérique), publié en
septembre, et qui concluait que l'action militaire contre l'Iran devait être "l’élément d'une véritable option". Alors que Ross examinait les options diplomatiques en détail, Carter définit
les "éléments militaires" qui devaient les sous-tendre, en ce compris une analyse des coûts et bénéfices d'un bombardement américain aérien de l'Iran.
D'autres hauts conseillers d’Obama au niveau de la politique étrangère et de la défense ont été étroitement impliqués dans ces débats. Une déclaration intitulée : “Strengthening the
Partnership: How to deepen US-Israel cooperation on the Iranian nuclear challenge” (« Renforcer le partenariat: comment approfondir la coopération Etats-Unis/Israël concernant le défi du
nucléaire iranien »), rédigée en juin par un groupe de travail de l’Institut de Washington pour la politique au Proche-Orient, recommandait que la prochaine administration tienne des
discussions avec Israël concernant "toute la gamme des options politiques", y compris « l'action militaire préventive ». Ross était un co-animateur du groupe de travail, et les hauts
conseillers d’Obama Anthony Lake, Susan Rice, et Richard Clarke ont tous mis leurs noms sur le document.
Comme le New York Times l’a fait remarquer lundi, le conseiller d’Obama en ce qui concerne la défense, Richard Danzig, ancien secrétaire de la marine sous Clinton, assista à une conférence
sur le Moyen-Orient rassemblée, en septembre, par le même think-tank pro-Israël. Il dit à l'assistance que son candidat croyait qu'une attaque militaire contre l'Iran était un choix «
terrible », mais "qu’il se pourrait que, dans un certain monde terrible, nous devions faire face à un tel terrible choix". Richard Clarke, qui était également présent, déclara qu’Obama
estimait que "l’influence croissante de Téhéran doit être enrayée et que l'acquisition par l'Iran d'une arme nucléaire est inacceptable". Alors que « sa première inclinaison est de ne pas
tirer sur la gâchette », Clarke déclara : "si les circonstances exigaient l'emploi de la force militaire, Obama n’hésiterait pas. "
Alors que l’article du New York Times était rendu muet et n’examinait pas les rapports trop profondément, la journaliste Carol Giacomo était manifestement préoccupée par les parallèles avec
l'invasion américaine de l'Irak. Après avoir rappelé que "le public américain est largement inconscient de ce débat", elle a déclaré: « Ce qui me rend nerveuse, c'est que ce qui s'est passé
lors de la préparation à la guerre en Irak ».
Giacomo a poursuivi: « Les responsables de l'administration Bush conduisaient la discussion, mais les cognoscenti (ceux qui savaient) étaient complices. La question fut posée et on y répondit
dans les milieux politiques avant que la plupart des Américains sachent ce qui était en train de se passer... En tant que correspondant diplomatique pour Reuters à l’époque, je ressens une
certaine responsabilité pour ne pas avoir fait plus pour assurer que la décision désastreuse d'envahir l'Irak ait été contrôlée avec davantage de scepticisme ».
L'émergence d'un consensus sur l'Iran dans les cercles de la politique étrangère américaine souligne à nouveau le fait que les différences entre Obama et McCain étaient purement tactiques.
Alors que des millions d'Américains ont voté pour le candidat démocrate en croyant qu'il mettrait fin à la guerre en Iraq et répondrait à leurs besoins économiques pressants, de puissantes
sections de l'élite américaine se balançaient derrière lui, (le considérant) comme étant le meilleur véhicule pour poursuivre les intérêts économiques et stratégiques des Etats-Unis au
Moyen-Orient et en Asie centrale – en ce compris l'usage de la force militaire contre l'Iran.
wearechangeparis@gmail.com
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